Botticelli et la Renaissance : entre splendeur artistique et conflits idéologiques

Connu pour son chef-d’oeuvre légendaire “La naissance de Vénus” Sandro Botticelli de son vrai nom dit Filipepi, est un artiste majeur de la Renaissance florentine. Né en 1445 à Florence, en Toscane, Sandro Botticelli voit le jour au sein d’une famille modeste de tanneurs. Profondément influencé par la peinture flamande, l’humanisme et le néoplatonisme, son héritage classique et sa quête de l’esthétisme, entraînent le jeune peintre dans une exploration sans fin de la beauté symbolisée entre autres, par la création d’un idéal féminin.

Botticelli et la famille Médicis

Après être passé par l’atelier de Verrocchio tout comme Léonard de Vinci, il est présenté dès l’ouverture de son atelier au clan Médicis. Botticelli devient rapidement l’un de leurs protégés. Cette riche famille de marchands devenus banquiers ne cessera de lui passer commande, ce qui permet à Botticelli d’entrer dans un cycle de création où l’artiste produira ses plus belles oeuvres. Selon la légende, l’une de ses oeuvres les plus emblématiques “La naissance de Vénus” aurait justement été commandée par un cousin de Laurent le Magnifique.

Pour pouvoir répondre aux commandes toujours plus nombreuses du clan Médicis, Botticelli maintient un régime soutenu dans son atelier et cherche constamment à optimiser sa production. Ses dessins préparatoires sur carton sont ensuite soumis à ses assistants gardant ainsi la conception des oeuvres tout en déléguant l’exécution de celles-ci.

L’histoire de “La naissance de Vénus”

Avant de parler plus spécifiquement du tableau de Botticelli et de sa symbolique, revenons un instant sur le mythe de cette déesse symbolisant la beauté, l’amour ainsi que la fertilité.

Présente dans de nombreuses mythologies dont greco-romaine, cette déesse la plus désirée de tous les dieux, s’appelle Vénus chez les romains, Aphrodite chez les grecs, Inanna chez les sumériens ou encore Isthar chez les babyloniens et les akkadiens.

Selon la légende greco-romaine, Vénus naît de l’écume des flots, puis portée sur un coquillage, elle apparaît sur l’île de Cythère.

Bottellici fait de sa Vénus une déesse mystérieuse, poétique et rêveuse. Il est important pour mieux comprendre cette oeuvre de la placer dans le contexte de la pensée néoplatonicienne en vogue à la cour des Médicis. A cette époque là, la pensée du philosophe grec Platon (IVe siècle avant J.-C) connait un grand essor à Florence. Ce sont les humanistes qui cherchent à unifier l’héritage païen avec la chrétienté donnant ainsi naissance au néoplatonisme.

Outre son classicisme, certains florentins voient dans cette allégorie néoplatonicienne des quatre éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu et l’amour qui les unifierait, de la provocation.

La position de la Vénus s’inspire du contrapposto antique, c’est-à-dire cette position où une jambe est tendue et l’autre légèrement fléchie. Elle permet de faire ressortir la hanche et ainsi souligner ses courbes.

Un peintre et sa muse

De quelle femme Botticelli a bien pu s’inspirer pour son oeuvre ? Il s’agit en l’occurrence d’une jeune femme aperçue lors de son mariage à Florence par les Médicis, Simonetta Vespucci. Sa beauté considérée comme exceptionnelle, a fait d’elle le modèle préféré du peintre et sa muse. L’image est idéalisée par le peintre florentin, car malheureusement Simonetta Vespucci est décédée neuf ans avant la création de son oeuvre emblématique.

Botticelli et les plus grands projets de l’époque

Il est clair que ce peintre de génie s’est vu participé aux plus impressionnants projets décoratifs de son époque. La chapelle Sixtine au Vatican fait bien évidemment partie de ces projets grandioses même s’il est souvent méconnu que l’une des fresques présentes est de Botticelli. En effet “Les tentations du Christ” est quelque peu considérée comme sa fresque d’essai.

Botticelli et la tourmente florentine

Peu de temps après que Botticelli eut peint ses plus belles oeuvres, règne à Florence une ambiance délétère. La réforme catholique portée par le frère Jérôme Savonarole, virulent prédicateur de la cité, va profondément impacter le peintre. De nombreux livres jugés immoraux, des objets, des bijoux… de même que des oeuvres d’art seront ainsi brulés sur la place publique. C’est ainsi que sous le joug de ce fanatique, Botticelli aurait lui-même jeté dans ce bûché des vanités certaines de ses oeuvres dont des nus célèbres. Etrange revirement pour un peintre qui a incarné à son époque l’humanisme.

Quoi qu’il en soit, Botticelli reste dans l’Histoire de l’art, l’un des plus grands peintres de la Renaissance florentine.

 

 

Elia L.

Tantôt rédactrice, tantôt artiste, je vous invite dans mon univers oscillant entre deux mondes.

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