art pariétal
Art pariétal grotte Lascaux

Les mystères des grottes : comment décrypter l’art préhistorique ?

Depuis des millénaires, les parois des grottes profondes et les falaises abruptes ont été les toiles sur lesquelles nos ancêtres préhistoriques ont laissé leur empreinte artistique. Ces œuvres, connues sous les noms d‘art pariétal et d’art rupestre, constituent des témoignages précieux de la créativité et de la spiritualité des premières sociétés humaines. Dans cet article, nous explorerons les nuances entre ces deux formes d’expression artistique, plongeant d’une part dans les mystères de leur origine symbolique et d’autre part cherchant à comprendre les motivations profondes qui ont poussé les hommes préhistoriques à dessiner, peindre et graver des images figuratives ou abstraites.

Quelle différence entre l’art pariétal et l’art rupestre  ?

Du latin scientifique paries-etis, « mur, muraille », il s’agit de peintures, de dessins, de gravures et de sculptures qui ont choisi comme toile de fond, la roche. Ces œuvres, déployées dans l’obscurité profonde au cœur même des grottes, étaient souvent préservées des regards et nécessitaient parfois de s’enfoncer et de parcourir des centaines de mètres sous terre. Muni d’une torche enflammée ou d’une lampe à graisse, l’homme préhistorique devait bravement affronter ses peurs pour créer ces œuvres.

D’autres formes d’expression artistique, réalisées en extérieur, sur les flancs des montagnes, sur d’immenses rochers ou même sur des sols escarpés, sont qualifiées d’art rupestre, dérivé du latin scientifique rupestris, signifiant « paroi de rocher ». Souvent exécutées dans des environnements hostiles mais également spectaculaires, ces représentations étaient bien plus exposées aux éléments naturels et ont aujourd’hui pour beaucoup disparu. Cette disparition progressive constitue l’une des raisons pour lesquelles les œuvres d’art rupestre sont moins visibles et moins nombreuses de nos jours.

Selon la plupart des scientifiques, le choix de ces parois n’est pas fortuit, mais bien réfléchi. Les hommes préhistoriques ont sélectionné soigneusement les endroits où ils ont façonné leurs œuvres. Ainsi, le moindre creux, le moindre relief a été exploité pour apporter du volume et de la profondeur à leurs représentations.

Petite information à préciser, la distinction entre l’art pariétal et l’art rupestre se fait seulement jusqu’à une période précise, le pléistocène. C’est-à-dire de 2,58 millions d’années à 11 700 ans avant le présent. Elle est précédée par le Pliocène et suivie par l’Holocène.

Alors la question est de savoir sur quels critères ces différents lieux ont-il vraiment été choisis ? Et certaines de ces œuvres étaient-elles réservées uniquement à des initiés en raison de leur inaccessibilité ? D’autres plus accessibles à toute la communauté ? Toutes ces interrogations contribuent au mystère entourant cet art de la préhistoire. Cependant, il est intéressant de noter que de plus en plus de spécialistes pensent que certaines œuvres, plus accessibles et visibles que d’autres, pouvaient servir de moyen de « communiquer » des informations à des tribus de passage, telles que le type de gibier disponible dans la région, entre autres.

art pariétal
Art pariétal

Où ont été découverts ces sites ?

La cartographie « pariétale » s’élargit au fur et à mesure des découvertes. Il y a bien sûr l’Europe en particulier la France qui abrite des sites très importants dans l’art pariétal comme la grotte Chauvet en Ardèche dont les dessins remontent à environ 30 000 ans, la grotte de Lascaux en Dordogne avec des dessins datés à environ 18 000 ans et la grotte du Pech Merle avec des dessins de plus de 20 000 ans etc. L’Espagne, pays voisin de la France, recèle également des sites extraordinaires comme la grotte de Cova Dones, où les peintures remontent à plus de 24 000 ans. En dehors de l’Europe, des exemples remarquables d’art rupestre sont également présents en Corée et en Mongolie. Les États-Unis et l’Australie comptent également des sites emblématiques, tout comme de nombreux autres pays à travers le monde.

Origine symbolique de l’art préhistorique

L’art préhistorique, qu’il soit pariétal, rupestre ou l’art des objets est souvent associé à des pratiques rituelles, des croyances religieuses, des récits mythologiques ou des activités chamaniques. Certains dessins et peintures pouvaient être associés à des rituels magiques visant à assurer le succès de la chasse ou à garantir la fertilité des troupeaux. A exprimer et à perpétuer les croyances, les traditions et les valeurs de ces sociétés anciennes.

Certaines théories suggèrent également que l’art préhistorique avait une fonction sociale, et permettait ainsi de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté en favorisant la cohésion sociale.

Interpréter ces représentations et comprendre la réelle motivation des hommes et des femmes préhistoriques est un défi de taille. Certains spécialistes de l’art pariétal suggèrent que ces peintures, dessins, gravures et sculptures étaient probablement créés dans le but de communiquer, de partager, voire de transmettre des informations essentielles à leur communauté et peut-être aussi à d’autres.

 

Elia L.

Tantôt rédactrice, tantôt artiste, je vous invite dans mon univers oscillant entre deux mondes.

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