sophie taeuber arp, composition géométrique verticale horizontale (triptyque)
Sophie Taeuber-Arp

Sophie Taeuber-Arp : une artiste méconnue au rayonnement mondial

Artiste suisse pluridisciplinaire, Sophie Henriette Gertrud Taeuber est née le 19 janvier 1889 à Davos-Platz en Suisse et décède le 13 janvier 1943 à Zurich. Elle a grandi dans un environnement familial imprégné de féminisme, où l’art occupait une place centrale, avec une mère qui pratiquait la peinture, le dessin et la photographie. Figure majeure du mouvement Dada, précurseur du constructivisme et de l’art concret, elle a exploré tout au long de sa carrière une variété de médiums et de matériaux. Artiste fascinante, sa relation avec les arts reflète l’intensité de sa personnalité. Découvrons ensemble une artiste dont l’œuvre continue d’inspirer des générations entières.

Qui est Sophie Taeuber-Arp ?

Considérée de nos jours comme une pionnière de l’art abstrait, Sophie Taeuber-Art a commencé son enseignement artistique par l’École de dessin pour l’industrie et l’artisanat de St Gall qu’elle a fréquentée de 1907 à 1910. Elle y suit des cours de peinture décorative, de dessin d’ornement, de paysage et d’histoire de l’art. Cet établissement est renommé, notamment pour son expertise dans l’enseignement de la conception de produits textiles. Pendant cette période, Taeuber découvre le Werkbund fondé à Munich en 1907 par des artistes, artisans et architectes qui souhaitent réintroduire dans le cadre de la vie quotidienne la beauté menacée par l’industrie de masse.

Ces années d’apprentissage lui ont permis de découvrir divers matériaux et techniques dans le domaine du textile et du bois. C’est à cette période qu’elle a développé son propre langage artistique, caractérisé par l’utilisation de formes géométriques telles que des carrés, des cercles, des lignes et des rectangles. Elle s’est affranchie de toute contrainte et de toute hiérarchie, plaçant les arts appliqués et l’art sur un même plan. L’abstraction est devenue sa langue d’expression, tout comme pour d’autres artistes de son époque, tels que Mondrian, Kandinsky, Malévitch, etc.

Par la suite, c’est à Munich que Taeuber poursuit son apprentissage et découvre également la danse d’expression sous la direction du chorégraphe Rudolf von Laban. Elle s’installe ensuite à Zurich, où elle enseigne à l’École des arts décoratifs et fait la connaissance de celui qui deviendra son époux, Jean Arp, connu comme artiste abstrait et poète. Aux côtés de ce dernier, Taeuber-Arp, qui adoptera ce nom d’artiste, participe au mouvement Dada, co-fondé par Jean Arp. Très impressionné par l’érudition de Sophie et la qualité de son travail qui l’influenceront, le couple collaborera souvent et construira une maison et un atelier à Clamart.

Contrairement à son mari, qui, comme beaucoup d’artistes de cette époque, flirtait avec l’ésotérisme, pour elle, l’art avait une mission plutôt morale et spirituelle.

L’artiste participa à divers projets, et en 1940, le couple se réfugia en Dordogne puis sur la Côte d’Azur. Un an plus tard, avec Sonia Delaunay entre autres, elles fondèrent une colonie d’art à Grasse.

Deux ans plus tard, elle décéda chez Max Bill où elle travaillait, intoxiquée par le monoxyde de carbone émis par un poêle à gaz défectueux. Sa disparition a profondément affecté Jean Arp, qui cessa toute production artistique pendant trois ans.

sophie taeuber arp(1)
Sophie Taeuber-Arp, Jean Arp et Arthur Honneger @Jean-Pierre Dalbéra

Une artiste humble, curieuse et enthousiaste

Entre les deux guerres, Taeuber-Arp effectua de nombreux voyages qui lui inspirèrent une série de paysages, un petit interlude figuratif rapidement rattrapé par l’abstraction. Sophie était une artiste humble et discrète, signant peu ses œuvres et préférant s’engager dans des collectifs et explorer de nouveaux modes de création. Elle rejoignit différents mouvements de l’art abstrait et participa notamment à l’éminente exposition du groupe Cercle et Carré en avril 1930 à la Galerie 23 à Paris, aux côtés d’une trentaine d’artistes parmi les plus radicaux de cette époque, tels que Vassily Kandinsky, Jean Arp, Piet Mondrian, Fernand Léger, Walter Gropius, Le Corbusier, et d’autres encore.

Une reconnaissance internationale

C’est à la fin des années 1930 que l’artiste a accédé à une certaine reconnaissance mondiale grâce à sa participation à l’exposition “Constructivistes” organisée au Kunstmuseum de Bâle, où elle a présenté vingt-quatre de ses œuvres. Aujourd’hui, ses créations sont exposées dans des musées du monde entier.

Pour en apprendre davantage voici un documentaire sur la vie et l’œuvre de Sophie Taeuber-Arp

Réalisation : Marina Rumjanzewa

 

 

Elia L.

Tantôt rédactrice, tantôt artiste, je vous invite dans mon univers oscillant entre deux mondes.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.