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Niki de Saint Phalle Impératrice @Pielleunipi

Plus de 130 000 visiteurs par an pour ce joyau fou inspiré de Gaudí et du Tarot

Et si vous échappiez au tumulte ambiant pour vous perdre, le temps d’un après-midi, dans un monde de couleurs éclatantes, de formes organiques et de symboles mystérieux ? À seulement 1 h 30 au nord de Rome, une artiste a donné vie à un rêve monumental : un jardin habité par les arcanes du Tarot, inspiré par Gaudí, l’art brut et les légendes antiques. Ce lieu n’est pas seulement à voir. Il se traverse comme une énigme, une œuvre qui se lit avec le corps autant qu’avec les yeux. Bienvenue au Jardin des Tarots, imaginé par l’artiste visionnaire Niki de Saint Phalle.

Pourquoi cet endroit est une escapade artistique unique ?




 

Au cœur de la campagne toscane, entre les oliviers et les cigales, surgissent des géants colorés qui semblent sortis d’un autre monde. Ce jardin, imaginé et façonné par Niki de Saint Phalle pendant plus de 20 ans, s’étend sur deux hectares de poésie brute. Les 22 sculptures monumentales qui le composent représentent les arcanes majeurs du Tarot. Le Magicien, la Papesse, la Lune, la Mort… tous prennent forme en béton armé, recouvert de miroirs, de verre et de céramique multicolore. Certains sont si vastes qu’ils se visitent de l’intérieur. Ce n’est pas un simple parc : c’est un théâtre, un rêve matérialisé à la main par une femme visionnaire.

Une anecdote qui révèle l’âme de Niki

Peu de visiteurs savent qu’en plein chantier, Niki de Saint Phalle s’est installée à l’intérieur même de l’une de ses sculptures : l’Impératrice, une gigantesque femme-sphinx à la poitrine offerte. Elle y vivait, peignait, recevait des amis. L’intérieur était aménagé comme une maison : cuisine, salle de bain, lit au cœur d’un ventre en mosaïque. Cette proximité physique et presque maternelle avec sa création a marqué l’ADN du lieu. Pour Niki, le jardin était un prolongement d’elle-même. Et cela se ressent. Chaque carreau, chaque forme, chaque teinte porte sa main et son cœur.

Les défis pour préserver cette œuvre à ciel ouvert

Avec plus de 130 000 visiteurs par an, la fragilité du jardin est devenue une préoccupation centrale. Le soleil toscan, les pluies acides, le vent salin et les pas répétés érodent les matériaux. La mosaïque se décolle par endroits, les joints craquent. Pour faire face, une équipe technique, soutenue par la Fondation Niki de Saint Phalle et le Getty Conservation Institute, intervient régulièrement pour restaurer, recoller, renforcer sans jamais trahir l’esprit initial. C’est un travail d’orfèvre, souvent invisible, mais essentiel pour permettre aux générations futures de continuer à rêver ici.



Ce que vous vivrez en traversant ce jardin

Ce lieu ne se parcourt pas comme un musée. On y déambule, on s’y perd. On entre dans le ventre d’une sculpture, on se voit reflété mille fois dans des miroirs concaves, on entend le bruit de l’eau jaillissant de fontaines dissimulées. Le Jardin des Tarots sollicite tous les sens. Les enfants rient, les adultes méditent, les photographes s’émerveillent. Tout est fait pour provoquer une émotion, une interrogation, parfois même une révélation personnelle. Comme si chaque arcane éveillait en nous une intuition, un écho secret.

Préparer votre visite sans rien manquer

Le jardin est ouvert chaque année du 1er avril au 15 octobre, uniquement l’après-midi, de 14h30 à 19h30 (dernière entrée 18h15). L’entrée coûte environ 15 €, et aucune réservation n’est exigée en amont. Un petit conseil si vous y allez en été sachez que la lumière de fin d’après-midi est réputée sublime pour mettre en valeur les miroirs et vitraux. Et bien sûr la chaleur est plus douce.

Des visites guidées sont parfois proposées, notamment en italien ou en anglais. Et pour ceux qui souhaitent aller plus loin, la boutique du site vend des ouvrages rares et des reproductions d’archives, retraçant l’histoire du lieu et de sa créatrice.

Et vous, que vous dira le Tarot ?

Pour ma part, les œuvres de Niki de Saint Phalle m’accompagnent depuis longtemps. La Mariée, l’Autel O.A.S., les Tirs, ou encore les fontaines créées avec Jean Tinguely à Beaubourg m’ont profondément marquée. Le Jardin des Tarots me semble être une synthèse de tout cela : la joie, la violence, le jeu, l’intuition. Un lieu total, habité. Personnellement, je n’ai pas encore eu la chance de le découvrir par moi-même mais j’espère que c’est pour bientôt. Et bien sûr, je vous en reparlerai. Laissez un commentaire si vous le souhaitez et dites-moi quelle œuvre d’art a, un jour, changé votre regard sur le monde ?


Elia L.

Tantôt rédactrice, tantôt artiste, je vous invite dans mon univers oscillant entre deux mondes.

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