Fleur

L’impermanence et le mécanisme du réel

L’éphémère sensibilité de toutes choses, photographiée pour célébrer l’impermanence et le passage du temps.

C’est ainsi que je pourrais résumer d’une certaine façon ma démarche et ma manière d’accepter la fragilité, le déclin, le changement… ainsi que la perte et de les mettre en exergue. Une allégorie qui se matérialise et qui prend forme aujourd’hui dans mes différentes séries comme Éloge de l’impermanence, Histoire d’eau ou L’Entre-lien. Une apparente simplicité et un minimalisme transfiguré.

Un regard, une esthétique, une transition sur un entre-deux.

Intimité

Fleurs roses
Crédit photo Elia Lutz

Il n’y a pas une façon de voir la nature, d’être en relation intime avec elle. Nous avons toutes et tous un rapport privilégié avec elle. Nous pouvons la percevoir au travers de différents prismes. En ce qui me concerne,  l’approche de la culture japonaise à l’impermanence, c’est -à -dire à sa symbolique avec une admiration pour les transitions et les transformations de la nature, caractérise le rapport que j’entretiens avec ce qui nous entoure. L’impermanence est cette évolution consciente du cycle de la vie. Une manifestation de ce qui nous est visible et de ce qui nous est invisible. Dans la culture nippone, sa vision est également plus sensuelle qu’en occident, avec une certaine mélancolie par rapport à la disparition de la vigueur puis l’allégresse de la renaissance, qui me bouleverse. Très présente dans les différentes époques, arts, religions, pensées etc… du Japon, l’impermanence est une notion issue du bouddhisme. L’impermanence est un des éléments d’enseignement de Bouddha. Cette non-éternité, cette dissolution, transformation… me questionne et me fascine.

Ici et maintenant

Par mon approche photographique, je fige l’instant présent non seulement par le principe de la photographie mais aussi par des procédés comme la congélation ou la dissolution. Mes “Histoire d’eau” et “Eau de feu” sont d’une part un travail sur l’eau et ses différents états mais également sur l’impermanence.

C’est ici la transformation, la non permanence des choses que je capture à ma façon selon les saisons et qui vont rythmer mon inspiration. La notion du transitoire avec une goutte de pluie à la pointe d’une feuille (symbole par excellence de l’éphémère), un rayon de soleil qui perce une feuille, un reflet dans de l’eau etc… vont venir créer une émulation artistique.

La contemplation et le temps qui passe, photographiés pour ainsi mettre en exergue la beauté, la fragilité, l’imperfection, l’inachevé, le déséquilibre, le vide, l’absence… de toutes choses.

C’est ici un éloge à l’impermanence, à l’éphémère et non à une religion ou même à un courant philosophique. Prendre en quelque sorte conscience de l’instant fugitif et de l’évanescence des choses.

Pétales de rose
Crédit photo Elia Lutz

L’art et l’impermanence

Cela peut paraître antinomique étant donné que je fige le mouvement par la photographie ou par mes sculptures. Ce flux incessant que j’aime tant, que je contemple et que j’essaie d’apprivoiser. C’est essentiellement, pour l’instant, par la photo et la sculpture que j’aborde l’impermanence. Que le visible côtoie l’invisible, l’immobilité, le mouvement, l’organique, l’inorganique… Le yin et yang comme une complémentarité et non une opposition adoptée dans notre culture.

 

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