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Les gardiens invisibles : rencontre avec les esprits de la nature

Issus de nombreuses légendes, mythes, croyances et folklores, les esprits de la nature et autres êtres surnaturels peuplent depuis des millénaires nombre de récits à travers le monde. Qu’il s’agisse de fées, de dryades, de nains et autres géants primordiaux, ou d’esprits liés aux quatre éléments, ils sont, pour certains, des êtres dépourvus d’âmes, et pour d’autres, des êtres aux énergies subtiles résultant de consciences imperceptibles. Sensibles à cet imaginaire et à cette essence invisible de la nature, voici un petit aperçu de ces êtres fantasques et farceurs pour certains, que vous pourriez croiser dans des contes et pas seulement pour enfant, dans la forêt ou encore dans votre jardin.

Quelques esprits de la Nature

Appelés également le petit peuple, les esprits de la nature ont la réputation de veiller sur les sources, les forêts, les océans, les prés, les montagnes et aussi les jardins. Il se dit même qu’il est possible de leur aménager un coin de nature afin de favoriser leur venue.

Outre le fait que leur présence a enrichi les contes et les légendes, imprégné les mythes et les croyances, peuplé les arts et l’histoire, voyons d’abord qui ils sont et de quelle croyance ils sont issus.

Fées

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@Sophie Gengembre Anderson

Les fées sont souvent décrites comme des créatures féminines ailées dotées de pouvoirs magiques. Elles sont généralement associées à la bienveillance et à la protection de la nature, bien qu’elles puissent aussi être capricieuses ou jouer des tours aux humains.

Détachées de toute mythologie et religion, les fées incarnent les mémoires païennes. Perçues comme des êtres libres et facétieux, elles personnifient de nos jours une forme d’écologisme et de féminisme.

Gnomes

Dans le folklore européen, les gnomes sont souvent considérés comme de petits êtres robustes vivant sous terre et ils sont associés à la protection des trésors de la terre ainsi qu’à la préservation de la flore et de la faune. Confondus avec d’autres petits êtres vivant sous terre, tels que les nains, les lutins qui résident aux alentours ou à l’intérieur des maisons, voire avec les gobelins qui habitent les grottes. Pour l’abbé de Villars, écrivain français du XVIIe siècle, les gnomes sont des êtres ingénieux et amis des hommes.

Nains

Pour Paracelse, médecin, philosophe et alchimiste du XVIe siècle, qui croyait aux génies des éléments, les nains sont de petits êtres mesurant environ 40 cm, très taciturnes et faisant partie de l’élément air bien qu’ils vivent sur terre. Il les mentionnait parmi les sept créatures qu’il considérait comme dépourvues d’âme.

Ondines

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Ondine

Génies des eaux dans la mythologie germanique, elles sont également appelées nixe dans les légendes alsaciennes. Ces nymphes ou naïades résident principalement dans les eaux courantes telles que les rivières et les fontaines, contrairement aux sirènes qui habitent les océans. Dépourvues de queue de poisson, elles sont décrites comme des créatures d’une beauté inégalée. Pendant l’été, elles se plaisent à coiffer leurs longs cheveux avec un peigne en ivoire ou en or, tout en se reposant au bord de l’eau. Les ondines apprécient les baignades dans les cascades, les étangs et les rivières.

Selon la légende, l’eau des fontaines serait constituée des larmes des ondines et dès que ces esprits de l’eau se sentent offensés, la source se tarit. Par conséquent, il est coutumier de déposer diverses offrandes près des fontaines, telles que des guirlandes de fleurs, des épingles ou des tessons de bouteilles. Paracelse les considère parmi les génies à forme humaine dépourvus d’âme ou d’esprit (inanimata). Leur homologue masculin, l’ondin, est plutôt rare.

Sylphides

Les sylphides, créatures mythologiques de l’air issues des mythologies gauloise, celte et germanique, ainsi que leurs homologues masculins, les sylphes, sont décrits comme des êtres beaux, subtils et dotés d’aspirations spirituelles. En tant qu’esprits élémentaires de l’air, ils occupent une position entre les anges et les elfes. Selon Paracelse, qui les assimile aux elfes, ils font partie de ces esprits liés aux éléments. Dans le folklore pré-islamique, ils sont associés aux djinns.

Salamandres

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Illustration du XIVe siècle

Il convient de ne pas confondre la salamandre légendaire avec les amphibiens ayant une forme de lézard. Ici, il est question du légendaire reptile, esprit du feu. Les salamandres sont mentionnées pour la première fois par Aristote, philosophe grec (384-322 av. J.-C.). Selon lui, les salamandres sont des animaux venimeux capables, par leur simple présence, d’empoisonner l’eau d’un puits. Présente dans de nombreux bestiaires médiévaux, la salamandre est un symbole alchimique et héraldique. Paracelse l’associe à l’élément feu, tandis que Pline, naturaliste de la Rome antique, mentionne dans l’un de ses ouvrages une autre créature légendaire, une sorte de quadrupède ailé, ressemblant à un reptile, qui habite au sein des flammes des forges de Chypre. Il semble que cette créature ait été assimilée à la salamandre.

Dryades

Les dryades sont des nymphes des arbres, étroitement liées à la vie et à la protection des forêts. Lorsqu’elles errent librement dans les bois, elles sont généralement désignées sous le nom de dryades, mais lorsqu’elles sont spécifiquement liées à un arbre, elles sont appelées hamadryades. Selon la mythologie grecque, lorsque l’arbre auquel une hamadryade est attachée est abattu, elle meurt avec lui. Cette distinction entre les deux termes a émergé plus tard dans la tradition grecque.

Les dryades sont perçues comme des êtres timides qui se montrent très rarement. Selon la mythologie, les dryades proviennent d’un arbre appelé “arbre des Hespérides“. Bien qu’elles vivent pendant de très longues périodes, elles ne sont pas immortelles. Certaines dryades sont réputées pour être les gardiennes des pommes d’or du jardin des Hespérides. Parmi les dryades les plus célèbres figure Eurydice, la femme d’Orphée.

Elfes

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Elfe

Les elfes appartiennent à l’origine à la mythologie nordique. Créatures anthropomorphes aux oreilles pointues, elles sont initialement des divinités mineures associées à la nature, à la fertilité et au culte des ancêtres. Décrits comme des êtres semi-divins, il en existe des variantes lumineuses appelées ljósálfar ou obscures dökkálfar. Leur présence est notamment relevée dans la mythologie celtique, comme en témoignent certains textes irlandais et écossais. Les elfes sont considérés comme analogues aux nymphes, sylphes ou encore roussalques êtres fantastiques issus de la mythologie slave proche des naïades.

Lutins

Ce sont de petits esprits farceurs souvent associés à la maison et aux activités domestiques. Il leur est souvent attribué, que ce soit à juste titre ou non, une multitude de farces, y compris la disparition d’objets.

Trolls

Issus de la mythologie scandinave, les trolls sont souvent décrits comme étant des créatures difformes mi-humaines, mi-animales. Ils seraient considérés comme des gardiens de certains lieux.

Géants

Êtres gigantesques généralement anthropomorphes, ils sont souvent dépeints comme des gardiens de lieux sacrés ou de vallées. Présents dans diverses mythologies, folklores, et même religions, ils sont également mentionnés dans la Bible, où ils sont tantôt considérés comme des amis, tantôt comme des ennemis d’Israël. Leur taille impressionnante témoigne de leur redoutable force physique. Dans la tradition indo-européenne, les géants sont vus comme des êtres primordiaux associés à la cosmogonie et aux esprits de la nature.

Faunes

Issus de la mythologie romaine, les faunes sont souvent confondus avec les satyres de la mythologie grecque. Certains leur attribuent même des caractéristiques des égipans, des divinités champêtres mi-hommes mi-animaux associées au dieu Pan. C’est pourquoi ils sont souvent représentés avec de petites cornes, un haut du corps humain et des jambes de bouc.

Dragons

Nous allons finir ce bestiaire réel ou imaginaire, selon votre convenance, par le dragon dont l’origine est difficile à déterminer. Pour certains spécialistes, le dragon aurait émergé très tôt dans l’histoire de l’humanité, peut-être même dès le paléolithique supérieur. Il aurait vraisemblablement évolué à partir de l’Afrique vers l’Asie, l’Australie, les Amériques, puis l’Europe paléolithique. Ce proto-dragon était en partie serpent et était considéré comme le gardien des sources et autres points d’eau. Doté d’ailes, d’écailles et de cornes, le dragon avait la capacité de voler et de provoquer des inondations à sa guise.

Retranscrire l’invisible dans le visible

Assimilés au paganisme par les théologiens chrétiens et perçus comme des anges déchus, voire pires, des démons, ces esprits de la nature continuent néanmoins à nourrir l’imaginaire humain. Bannis et condamnés par certains, idolâtrés et revendiqués par d’autres, ces créatures, qu’elles soient visibles ou invisibles, peuplent l’inconscient collectif depuis des millénaires, et peut-être pour toujours. Car il semblerait que ces “êtres immatériels” soient indissociables à nous autres, êtres humains, issus de cette même nature.

 

Elia L.

Tantôt rédactrice, tantôt artiste, je vous invite dans mon univers oscillant entre deux mondes.

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