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Cluny : 2270 pièces d’or sorties du sol, un trésor fou à voir cet été en Bourgogne

En septembre 2017, lors d’une mission archéologique sur l’ancienne infirmerie de l’abbaye de Cluny en Bourgogne, une équipe du CNRS et de l’université Lyon 2 composée d’Anne Flammin et Anne Baud, accompagnées d’étudiants, découvre un trésor exceptionnel. Plus de 2 200 deniers et oboles en argent, 21 dinars islamiques en or, un anneau sigillaire et d’autres objets précieux reposaient dans un sac en cuir sous plus de 850 ans de remblais. Exposé depuis le 9 juillet dans le « passage Galilée » de l’abbaye, ce trésor unique promet de fasciner visiteurs et passionnés d’histoire.




Qu’est-ce qui rend cette découverte unique ?

Il s’agit du plus grand ensemble homogène de deniers en argent trouvé en France : plus de 2 200 pièces frappées essentiellement à Cluny au XIIᵉ siècle, datées par le contexte archéologique et les analyses. À cela s’ajoutent 21 dinars arabes en or qui témoignent d’une circulation monétaire internationale saisissante et un lingot composé d’une feuille d’or repliée.

Un trésor à l’image du pouvoir international de Cluny

Au XIIᵉ siècle, Cluny rayonnait bien au-delà des frontières de la Bourgogne. Son réseau de prieurés s’étendait dans toute l’Europe occidentale, formant une constellation monastique dont les revenus convergeaient vers la maison mère. Grâce à un droit de frappe monétaire acquis dès le Xe siècle, l’abbaye émettait ses propres deniers et oboles, dont la majorité compose ce trésor. Quelques pièces proviennent néanmoins d’ateliers extérieurs comme Meaux, Paris ou Orléans. La présence de 21 dinars en or, frappés entre 1120 et 1144 à Séville, Grenade ou Almeria, dans l’Espagne d’al-Andalus, témoigne de liens commerciaux de haut niveau avec les sphères musulmanes. Ces pièces rarissimes – seuls 10 exemplaires ont été recensés en fouilles sur tout le territoire français – n’étaient échangées qu’entre personnages d’envergure. Elles révèlent le statut unique de Cluny dans les dynamiques économiques et diplomatiques du Moyen Âge.

Comment la fouille a-t-elle mené à cette trouvaille ?

La campagne de septembre–octobre 2017, initiée par la DRAC Bourgogne-Franche‑Comté, visait à diagnostiquer l’infirmerie abbatiale. Un étudiant qui examinait un relevé a soudain détecté un sac en cuir enfoui. Le chantier a immédiatement basculé vers une fouille minutieuse, révélant un inestimable stock monétaire, conservé intact dans son contenant d’origine.

À qui ce trésor appartenait-il ?

Les chercheurs suggèrent qu’il pourrait avoir appartenu à un trésorier de l’abbaye ou un moine en charge de fonds, peut-être dissimulé en période de troubles. Comme souligné précédemment, la présence des dinars almoravides révèle un lien avec les réseaux commerciaux méditerranéens, qui témoignent de l’influence financière et religieuse de Cluny à l’échelle européenne et au-delà.



Pourquoi une exposition à Cluny dès juillet 2025 ?

Après huit années d’études, l’exposition a été montée dans le passage Galilée, vestige de liaison entre l’infirmerie et l’église, deux sites liés à la découverte. Les monnaies sont présentées in situ, dans des vitrines épurées, qui mettent en valeur leur rareté et leur lien direct avec le lieu de fouille.

D’autres pièces incontournables à découvrir

Outre ce trésor monétaire, le passage présente la hampe de la crosse d’un abbé de Cluny, dite crosse de saint Hugues, abbé de 1049 à 1109, ainsi que sa châsse, exécutée au milieu du XIXe siècle. Vous pourrez également y découvrir une médiation sur le trésor, sa découverte et sa composition présentant les résultats des analyses scientifiques et sa restauration.

Conseils pour profiter pleinement de votre visite

L’idéal est d’arriver en début d’après-midi. Sachez que les visites gratuites du dimanche (jusqu’au 31 août) sont prisées, mieux vaut donc anticiper.

Une découverte pleine de sens et un échange avec le public

Ce trésor, mis au jour presque par hasard dans un sac en cuir, suscite fascination et questionnements. Il invite à réfléchir : combien de secrets reposent encore sous nos monuments ? Il révèle aussi le rôle économique et spirituel de Cluny au XIIᵉ siècle, à la croisée des mondes chrétiens et musulmans.

Et vous , ce frisson que l’on éprouve en découvrant des vestiges si bien conservés, cela vous parle ? Partagez votre émotion, vos questions et vos anecdotes.



Elia L.

Tantôt rédactrice, tantôt artiste, je vous invite dans mon univers oscillant entre deux mondes.

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