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Arles 2025 : ce que vous ne devez surtout pas rater au plus grand festival photo du monde

Imaginez une ville entière transformée en galerie d’art, où chaque ruelle, cloître ou monument roman devient le théâtre d’un regard neuf sur notre humanité. C’est l’effet que produisent les Rencontres d’Arles. Du 7 juillet au 5 octobre 2025, Arles s’élève au rang de capitale mondiale de la photographie, célébrant les « Images Indociles ». Intrigué·e, curieux·se ou simplement amateur·rice d’images fortes ? Laissez-vous embarquer dans cette aventure visuelle inédite.

L’histoire d’un festival pas comme les autres

Avant d’aller plus loin, revenons un petit instant sur l’histoire passionnante de ces Rencontres. Fondées en 1970 par le photographe arlésien Lucien Clergue, l’écrivain Michel Tournier et l’historien Jean-Maurice Rouquette, les Rencontres d’Arles ont indéniablement évolué au fil des décennies.

Ce qui n’était au départ qu’un rendez-vous confidentiel entre passionnés s’est imposé comme un rendez-vous incontournable du calendrier culturel. À Arles, la photographie a trouvé bien plus qu’un mur, elle a trouvé un territoire d’expression, un tremplin, une légitimité. Longtemps reléguée au rang d’art mineur, elle s’y est affirmée, année après année, comme un langage à part entière. Le regard du photographe y est désormais perçu pour ce qu’il est : une écriture du réel, aussi poignante qu’un roman, aussi sculpturale qu’un bronze.




Pourquoi parler d’un festival engagé ?

Plus que jamais, les Rencontres d’Arles frappent fort avec une programmation dense, placée sous le signe de la diversité et de la résistance. Sous la houlette de Christoph Wiesner, l’événement met en lumière des travaux liés aux crises environnementales, aux luttes identitaires et à la montée des nationalismes. L’enjeu ? Donner la parole à des artistes de tous horizons, qui réinventent la photographie comme outil de mémoire et de transformation sociale.

Quels sont les temps forts à ne pas manquer ?

Le festival présente 46 expositions dans 26 lieux emblématiques de la cité, totalisant près de 12 000 m² de surface d’exposition. Parmi elles, deux sections émergent avec force :

• On Country (Australie) : un moment historique pour la photographie australienne. Plus de 200 œuvres de 20 artistes, incluant des figures autochtones telles que Ricky Maynard et Brenda L. Croft, questionnent nos liens ancestraux à la terre et le rôle de la photographie comme vecteur de vérité et réappropriation culturelle.

• Futurs ancestraux (Brésil) : un ensemble puissant de photographes afro‑brésiliens, indigènes et LGBTQIA+ qui interrogent la mémoire coloniale et imaginent de nouveaux récits culturels. Dans le cadre de la Saison Brésil‑France, ces artistes redonnent corps à des identités trop longtemps invisibilisées.



Nan Goldin à Arles : une voix libre et nécessaire récompensée

Le 8 juillet 2025, le Théâtre Antique accueillera une figure majeure de la photographie contemporaine, Nan Goldin. Elle recevra le Prix Women In Motion Kering pour l’ensemble de son œuvre. À travers ses images intimes, souvent crues, Goldin a donné un visage aux marges, aux luttes invisibles, aux blessures que l’on tait. À Arles, elle présentera son œuvre lors d’une soirée exceptionnelle, accompagnée d’une exposition, Syndrome de Stendhal, à l’église Saint-Blaise. Depuis les années 80, ses portraits de la communauté queer, de femmes en lutte, ou de corps aimés mais meurtris ont bouleversé la photographie, en révélant le politique dans le personnel.

Comment s’immerger pleinement dans l’événement ?

Oubliez la visite express, Arles 2025 appelle à la lenteur. Passez quelques heures dans un lieu unique (un ancien atelier, une chapelle, un cloître…) et laissez-vous pénétrer par le récit photographique. Les débats, workshops et projections nocturnes offrent une respiration qui prolonge la découverte.

Le Off Arles 2025

Une fois n’est pas coutume, le Off du festival, se veut plus que jamais libre, imprévisible, spontané et intime aussi. Ici, pas de sélection institutionnelle, mais une effervescence d’initiatives portées par des photographes de tous âges, dans des lieux parfois inattendus. C’est un espace où l’on tente, où l’on échoue parfois, où l’on se dépasse souvent. Les rencontres y sont directes, les échanges chaleureux, et le public, loin d’être passif, devient un interlocuteur. Le Off, c’est cette respiration nécessaire, cette part d’Arles qui rappelle que la photographie est d’abord un geste vivant, libre et partagé.

Vos essentiels pour profiter pleinement d’Arles

Prévoyez une paire de chaussures confortables pour parcourir les sites du festival (souvent éloignés les uns des autres), un carnet pour noter artistes et impressions, et un chapeau, car l’été provençal peut être intense. Munissez-vous aussi d’un pass Arles+ accessible à tarif réduit en ligne, qui donne accès à toutes les expositions.

Alors, êtes-vous prêt·e ?

Arles va vibrer tout l’été au rythme d’images qui questionnent, bouleversent et ouvrent des fenêtres sur le monde. Ce n’est pas un festival comme les autres : c’est une invitation à repenser la photographie comme acte engagé, personnel et universel à la fois.

De plus durant les Rencontres d’Arles, se déroule le festival Les Suds. Il y a quelques années avec une copine, nous avons passé plusieurs jours sur place à enchaîner les expositions le jour et les concerts le soir. La ville toute entière devient une scène écho d’une même respiration artistique.

Racontez-moi : quelle exposition vous attire le plus et pour quelle raison ? Vos attentes et découvertes feront écho à d’autres amateurs et prolongeront ce dialogue passionné autour de l’image.




Elia L.

Tantôt rédactrice, tantôt artiste, je vous invite dans mon univers oscillant entre deux mondes.

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