Reflets

La rêverie des eaux stagnantes

L’eau miroir de nos pensées et de nos rêveries. C’est de lacs, de marais, d’étangs… de ces eaux stagnantes que je vais vous narrer aujourd’hui. De ces eaux miroitantes, narcissisantes et dormantes qui peuplent maints récits et légendes. Des eaux profondes, iris d’une nature qui contemple et dans lesquel se fixe comme une empreinte l’image du contemplateur. Un mimétisme ambivalent et troublant, à ne plus savoir qui regarde qui !

Au-delà du regard

Reflets dans l'eau
Crédit photo Elia Lutz

L’eau a ce pouvoir hypnotisant, de nous permettre de regarder au-delà de ce qui est visible. Symbole de l’inconscience et de la révélation, l’eau voit et renvoie à ses rêveries celle ou celui qui la contemple. A des désirs aussi profonds, dormants et insondables que ces eaux endormies. Observer ce qui se cache dans cet imaginaire de l’eau, demande à celle ou celui qui admire d’être aussi indolent. L’eau alors se matérialise et prend différentes formes. La poétique de l’eau s’actionne, se densifie, s’intensifie et se sensualise.

A l’image de cette poétique de l’eau, nous ne sommes plus forcément à cet instant là ce que nous sommes, mais ce que nous devenons.

Le lac et l’étang

Eaux profondes, lourdes et dormantes, le lac prend tantôt le ciel, l’arbre, le rocher, le jonc… tout ce qui s’y reflète et invite le rêveur au voyage. Sa vision du monde réel se confond alors avec son double mouvant, mystérieux et émouvant. Le lac considéré comme l’œil de la nature, miroir irisant, demeure de bien des dieux, offre une nouvelle vision du monde à celle et celui qui le contemple. Une intimité se créée, un moment suspendu comme hors du temps où se pencher. Eau matière, eau primitive, eau sensuelle, d’une ambivalence si délicieuse plonge le rêveur dans les profondeurs de son âme.

Les marais

Cygnes marais
Crédit photo Elia Lutz

Eaux marécageuses peu profondes la plupart du temps, ces eaux stagnantes peuplées selon les légendes d’elfes maléfiques et d’esprits redoutables sont considérées pourtant comme sacrées. Les marais abritent souvent une faune impressionnante avec des créatures séduisantes comme le cygne, ersatz dans la littérature de la femme nue. Un cygne qui se laisse voir par l’œil enchanteur et enchanté. Eaux primordiales, les marais sont un lieu de naissance, de mort et de renaissance. Un lieu de transition et de transformation qui entraîne le rêveur dans l’immobilisme des marais, dans son intemporalité, miroir de la passivité. Les marais comme un labyrinthe initiatique où se livrent des germinations invisibles de l’être en devenir.

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